Oracle France veut être vu comme un acteur-clé du cloud

Karine Picard (à droite), directrice générale d'Oracle France, et Karim Zein, Vice President Country Leader Technology de la filiale française, lors d'un point presse à l'occasion de l'événement Oracle Cloud Day à Paris, le 19 novembre 2019. (Crédit : LMI/MG)

Karine Picard (à droite), directrice générale d'Oracle France, et Karim Zein, Vice President Country Leader Technology de la filiale française, lors d'un point presse à l'occasion de l'événement Oracle Cloud Day à Paris, le 19 novembre 2019. (Crédit : LMI/MG)

Réfléchissant à installer un datacenter en France, la filiale française d'Oracle appuie sa stratégie de croissance à travers les projets de ses clients, les solutions ERP et métiers mais aussi NetSuite, et la migration de ses logiciels sur site. Un gros potentiel est identifié sur la bascule des workloads d'entreprise.

Oracle France a tenu ce mardi au Palais des Congrès de Paris un événement en trois tableaux, faisant simultanément intervenir ses clients sur trois scènes différentes. Le Modern Business Summit était consacré à ses applications métiers, tandis que le Modern Cloud Day était axé sur ses offres IaaS et base de données autonome dans son cloud de 2e génération OCI (Oracle Cloud Infrastructure). Le Modern CX Summit portait sur ses logiciels de gestion de l'expérience client, les trois événements totalisant 1 500 inscriptions. Sur ses solutions métiers, l'éditeur a notamment fait intervenir Compte Nickel (groupe BNP Paribas), Aperam, ALD Automotive et La Mutuelle Générale, utilisateurs de son ERP cloud, de ses logiciels de gestion des RH, de la supply chain ou des relations client.

Pour l'équipe d'Oracle France, dont Karine Picard vient d'être nommée directrice générale, cette triple conférence constituait un point d'orgue, « la finalité de ce pourquoi nous avons travaillé depuis des mois ». Incontestablement un temps fort pour Oracle, ses clients et son écosystème, a souligné à ses côtés Karim Zein, Vice President Country Leader Technology, de la filiale française. L'objectif pour les deux dirigeants est qu'Oracle soit désormais vu « comme un acteur-clé du cloud, tant au niveau applicatif que sur l'infrastructure et la base de données, car nous avions un peu de travail sur ce sujet-là, nous avions les solutions, mais tout le monde n'était pas au courant de ce qu'on faisait », a exposé Karine Picard, lors d'un point presse à mi-journée. « La feuille de route pour moi, c'est donc tout d'abord de pouvoir partager la stratégie d'Oracle de manière très claire avec le marché et nos clients ». En exposant davantage son offre cloud, la filiale va continuer à développer « les deux axes stratégiques qui vont faire la différence et vont nous permettre d'accompagner nos clients existants aussi dans le futur », d'une part l'ERP dans le cloud et d'autre part la base de données autonome, en cherchant à convertir le maximum de bases on premise vers la version cloud sur OCI renforcée de fonctions d'automatisation et de sécurité dont les plus récentes ont été annoncées sur OpenWorld en septembre.

L'ERP dans le cloud, fer de lance d'Oracle France

« L'ERP dans le cloud, c'est le fer de lance parce c'est là où nous avons le plus d'opportunités aujourd'hui sur l'ensemble des marchés et l'ensemble des industries », a appuyé Karine Picard. « Le Gartner nous nomme leader, nous essayons de présenter de plus en plus d'entreprises clientes, vous les avez vues sur scène. Si nous avons été parfois suiveurs sur le cloud métiers parce qu'il y avait des clients existants, sur l'ERP, je pense qu'entre NetSuite et Oracle Cloud ERP, nous sommes vraiment précurseur, nous voulons donc utiliser cet atout pour gagner des parts de marché dans le cloud ». Avec ces offres ERP cloud, Oracle France gagne de nouveaux clients « parce que le cloud nous a permis d'aller sur des marchés que l'on n'adressait pas avant. Des sociétés de taille plus petite comme le groupe Nickel qui était sur scène ce matin, qui partait d'Excel et a choisi le cloud par défaut, ou encore Rians et toutes ces sociétés que l'on accompagne dans leur croissance, qui n'étaient pas des clients Oracle et qui ont fait ce choix parce que le coût d'entrée et la flexibilité étaient là », affirme-t-elle. L'offre NetSuite, pour les entreprises réalisant entre 5 et 100 M€ de chiffre d'affaires, permet d'avoir des coûts d'entrée assez faibles et de mettre des projets en place en 3 mois environ, indique la dirigeante française. Sur les clients de plus grande taille comme Nickel, les projets prennent entre 6 mois et 2 ans. « Sachant qu'il n'y a pas de big bang dans le cloud mais des étapes intermédiaires avec de premiers déploiements limités à un pays ou à un département de l'entreprise. « Cela se fait donc étape par étape, mais en général le premier go live se fait entre 9 mois et un an », précise Karine Picard en citant aussi parmi les clients ERP de grands comptes comme Orange et Auchan.

Sur le cloud, Oracle France gagne donc de nouveaux clients tout en accompagnant la transformation des clients existants on-premise. Interrogée sur la migration de ces derniers, clients des ERP ou des applications métiers, Karine Picard décrit différentes phases, suivant les solutions qu'ils utilisent et d'où ils partent. « Notre focus, c'est d'aider nos clients qui sont sur des technologies de type eBusiness Suite, PeopleSoft, Siebel, Hyperion à avoir la bonne trajectoire vers le cloud », expose-t-elle d'abord. « Sur tout ce qui est RH, nous avons environ 30 à 40% de notre base installée aujourd'hui dans le cloud car nous développons ces métiers depuis 4 ans, sachant que nous avions déjà des bases installées sur Taleo qui étaient dans la 1ère génération de notre cloud », rappelle-t-elle. « Sur la partie expérience client, tout ce qui est marketing, services et personnalisation est dans le cloud par défaut ». A côté de ces offres de CRM natives sur ces technologies SaaS, « il reste un certain nombre de clients Siebel assez complexes qui cherchent encore leur voie vers le cloud », reconnaît-elle en ajoutant que la dernière pièce à l'édifice de la migration vers le cloud, c'est l'ERP. Dans ce domaine, la DG d'Oracle France estime que seuls 5 à 10% des clients de la filiale sont aujourd'hui basés dans le cloud. « Pour nous, c'est la prochaine étape. Ce sont des investissements beaucoup plus lourds qui nécessitent plus de réflexion de la part de nos clients ». Karine Picard rappelle aussi qu'à travers son engagement Applications Unlimited apportant un support jusqu'en 2030, l'éditeur ne force pas ses clients à migrer. Les clients on-premise existants continuent à acheter des licences parce qu'ils étendent leur périmètre et une offre comme J.D.Edwards continue à gagner de nouveaux clients sur des industries de transformation aux processus critiques très complexes pour lesquels le cloud n'est pas encore mature, a expliqué la DG.

Migration des bases de données : un potentiel de croissance phénoménal

Sur la partie infrastructure de l'offre, dirigée par Karim Zein, ce dernier a d'abord voulu rappeler « la position de leader » de l'éditeur sur le marché français pour les bases de données, tout en reconnaissant que la stratégie cloud d'infrastructure de l'entreprise avait démarré plus tard que sa stratégie applicative. « Nous l'avons démarré avec ce principe d'infrastructure cloud de 2ème génération. Et très franchement, elle ne repose pas que sur la migration des clients existants ». Selon lui, la stratégie cloud accélère de manière massive en France, motivée par le lancement de nouveaux services par certains clients, « des services qui vont être cloud natifs », a-t-il exposé en citant l'exemple de la CNAF, caisse nationale d'allocations familiales, qui a lancé son nouveau portail pour les allocataires, notamment pour le calcul d'éligibilité aux primes. « C'est un service lancé dans le cloud », a-t-il cité en exemple avant d'aborder le sujet des migrations qu'il présente comme « un énorme business dont tous les hyperscalers du cloud ont aujourd'hui à peine gratté la surface ». « Nous nous sommes d'abord intéressés aux sujets 'cloud ready', aux nouveaux services cloud, mais il reste ensuite les workloads d'entreprise qui, eux, sont souvent sur des bases de données Oracle ».

Dans ce domaine, certains projets ont été abordés sur la conférence Modern Cloud Day, mais si l'on considère l'ensemble de la base installée, « le potentiel de croissance est vraiment phénoménal », assure le VP Country leader Technology d'Oracle France en ajoutant toutefois que les clients ne migreront pas leurs bases de donnés vers le cloud sans de solides raisons, pour supporter une stratégie de transformation. « Il y a en général une volonté d'aller cloud first et quand la base de données a une data gravity qui est importante, notre offre présente beaucoup d'avantages dans son modèle économique, mais également dans son modèle technologique qui permet en fait, presque sans effort de réécriture, sans tuning, de passer du mode on-premise vers le monde du cloud public. Et vice versa », pointe Karim Zein. « La réversibilité, c'est un point qui rassure beaucoup nos clients qui ne veulent pas forcément d'un cloud public qui devient complètement propriétaire. Avec des solutions réécrites dans des produits propriétaires, il n'y a pas de portabilité vers d'autres cloud providers. Ce n'est pas notre modèle et c'est ce qu'on a voulu vous expliquer aussi ce matin avec la présence de VMware et Microsoft avec nous. Nous croyons vraiment au multicloud », a affirmé Karim Zein. Avec Antony Cirot, country manager de VMware en France, Oracle est en effet revenu sur l'annonce faite sur OpenWorld 2019 en septembre d'un partenariat permettant aux clients d'exécuter des workloads VMware sur le cloud d'Oracle, ce dernier assurant de son côté le support des produits Oracle tournant dans des environnements virtualisés VMware. Avec Microsoft, Oracle avait par ailleurs annoncé en juin l'interconnexion de leurs environnements de cloud respectifs.

Un prochain datacenter en France en discussion

Sur la partie IaaS aussi, Oracle apporte des solutions « extrêmement différenciées » avec son infrastructure cloud public de 2ème génération OCI, a insisté Karim Zein. « Notamment sur la sécurité avec des machines qui peuvent être dédiées et l'isolation physique et logique entre nos clients l'isolation physique et logique entre nos différents clients et nos serveurs qui gèrent notre cloud pour éviter des propagations non maîtrisées. Notre IaaS répond à tous les enjeux quand les niveaux de performance requis sont élevés. Nous proposons du bare metal et un niveau de performance garanti et nous sommes aussi très différencié sur tout ce qui est HPC », a rappelé le VP Technology. En dehors de son cloud public, Oracle dispose également de son offre Cloud at Customer avec « le bouquet de services Cloud Oracle, un mode souscription, de l'élasticité mais une machine et des software qui sont dans le datacenter du client derrière le firewall. C'est une offre qui marche extrêmement fort en France, qui répond à des attentes », constate Karim Zein. « Nous avons historiquement apporté des services dans des industries critiques, les gouvernements, banques, assurances, retailers. En France, ce sont souvent des OIV qui non seulement doivent traiter la GDPR mais également gérer la loi de programmation militaire. Et par rapport à ces exigences-là, on positionne l'offre Cloud at Customer ».

Enfin, sur la possibilité de voir Oracle installer un datacenter dans l'Hexagone, Karine Picard a indiqué que le sujet était « en discussion », sans vouloir donner d'autres précisions. Aujourd'hui, la plupart des clients français disposent d'environnements sécurisés dans les datacenters d'Oracle situés aux Pays-Bas et en Allemagne. « Avec le Brexit, nous avons un peu revu notre stratégie », a précisé la DG France. Les temps de latence seraient très réduits malgré l'éloignement géographique de ces datacenters européens. « Nous avons développé des accélérateurs cloud avec Riverbed », a expliqué Karim Zein en assurant que la latence était proche de zéro, même avec le datacenter de Francfort. Néanmoins, la filiale française « milite pour avoir un datacenter sur le territoire », assure-t-il. « Ce sont des enjeux de souveraineté », a souligné Karine Picard.



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