Pour son CEO BlackBerry est touché mais pas coulé

Suite à une interview récente accordée à Reuters, John Chen a tenu à clarifier ses propos. Il a notamment réitéré le fait que Blackberry ne sortirait pas du marché des téléphones mobiles.

Un article de Reuters laissait entendre que John Chen, CEO de Blackberry précédemment CEO de Sybase, pourrait considérer la vente de l'activité terminaux mobiles de l'entreprise canadienne. « Je n'ai pour le moment en aucun cas l'intention de me séparer de cette partie de notre activité. Ces combinés constituent le coeur de métier de notre entreprise. Aujourd'hui, nous nous attelons au retour à la profitabilité dans cette activité », a écrit le CEO de Blackberry sur le blog de l'entreprise.

Tout a commencé par le retrait des mobiles Blackberry des boutiques T-Mobile. Dans sa dernière campagne publicitaire, l'opérateur mondial invitait les clients à échanger leur téléphone Blackberry contre un iPhone. Selon Reuters, le récent CEO John Chen aurait été prêt à mettre fin à la commercialisation des mobiles Blackberry si cette activité continuait à ne pas être rentable.

Smartphones tactiles : un échec partagé avec Nokia

Comme Nokia, Blackberry paye encore aujourd'hui son manque de réactivité à l'arrivée de l'iPhone en 2007. Lent à réagir, le constructeur avait misé sur la sortie, plusieurs fois reportée, de son système d'exploitation BB10, arrivé en 2013 seulement. Mais les nouveaux mobiles n'ont pas pu résister à la guerre des smartphones, entraînant dans leur naufrage les revenus de Blackberry. Lors du seul dernier trimestre, les ventes de mobiles Blackberry ont chuté de 77 %, malgré la sortie en septembre du Blackberry Z30 (5 pouces). En fin d'année dernière, l'entreprise canadienne a du licencier 40 % de ses employés pour essayer de redresser la barre.



Arrivé trop tard, le Blackberry Z10 doit faire face à une concurrence particulièrement relevée.

Dans son interview, John Chen a déclaré à Reuters qu'il suffisait de vendre 10 millions de mobiles BlackBerry par an pour que l'activité soit rentable, une goutte d'eau par rapport aux 52,3 millions de combinés livrés en 2013. Mais, même ce modeste objectif semble difficile à atteindre. Le cabinet d'étude IDC a estimé que BlackBerry avait réussi à vendre à peine 1,7 million de téléphones pendant la période des fêtes. C'est toujours mieux que ce que prédisaient d'autres analystes : ainsi, le cabinet d'études CIRP avait estimé que les mobiles BlackBerry comptaient pour 0 % du marché lors des dernières périodes de fêtes.

Les chiffres sont durs pour le canadien

Peu importe la façon dont chacun a fait ses estimations, les chiffres ne sont guère réjouissants. Cependant, le CEO de BlackBerry n'est pas prêt à jeter l'éponge. « Je n'ai pas de projet pour mettre fin à l'activité téléphones de Blackberry, mais j'ai une stratégie pour que Blackberry ne dépende plus uniquement de ses ventes de mobiles », a déclaré John Chen dans une autre interview accordée jeudi à Bloomberg Businessweek. « La seule chose à faire est de trouver des ressources ailleurs que dans la vente de mobiles, et cette entreprise sera alors très différente », a-t-il ajouté.

En premier lieu, John Chen et Blackberry ont mis les bouchées doubles sur les logiciels et les communications sécurisés. Depuis peu, le légendaire service Blackberry Messenger est disponible sous Android et iOS, et une version Windows Phone arrive bientôt. Pour la première fois, Blackberry étend son service au-delà de l'écosystème strictement BB. La stratégie s'avère payante puisque, très rapidement, cette ouverture s'est traduite par des millions de téléchargements.

Le marché des voitures connectés avec QNX

L'entreprise canadienne compte également adapter son système d'exploitation QNX aux périphériques connectés (dans les voitures notamment). Bloomberg et Reuters rapportent également que John Chen envisage d'orienter les services de Blackberry vers des secteurs fortement réglementés comme la santé et les institutions gouvernementales en fournissant aussi bien du logiciel que du matériel et en s'appuyant sur la forte expérience d'entreprise de Blackberry.

Sur le plan du matériel, John Chen veut également revenir aux fondamentaux de Blackberry, c'est-à-dire continuer à proposer des téléphones équipés de claviers physiques, malgré les ventes chaotiques de Q10 sous l'OS BB10. La question de savoir si, au final, les mobiles de Blackberry survivront reste ouverte, mais une chose est sûre : une fois de plus Blackberry est sur la brèche. « Nous n'allons plus dépenser d'argent pour offrir la dernière version d'Angry Birds », a déclaré John Chen à Reuters.

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