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« SEPA ne tient pas comptes des particularités des banques de chaque pays »

Lors d'une conférence organisée par Sage, les responsables SEPA pour le Printemps, le groupe pharmaceutique Ipsen et la banque portugaise Millenium BCP ont livré des avis mitigés sur le système européen de paiements unifiés. Tous s'accordent cependant pour dire que ce n'est qu'un début et qu'il offrira surement de nouvelles opportunités.


« Sur le principe, le SEPA doit permettre aux entreprises européennes d'effectuer des paiements transfrontaliers le plus simplement du monde, mais dans les faits, il existe quelques nuances », déclare Lionel Jouve, responsable de la division Tresorerie et Financement pour le Printemps. Ayant déployé le système européen de paiements unifiés pour qu'il soit opérationnel avant le 1er février, il explique qu'il est moyennement enthousiaste.

« Le problème avec le SEPA, c'est qu'il n'est pas transculturel, il ne tient pas comptes des particularités des banques de chaque pays », déclare-t-il en évoquant notamment le principe des tags. Lionel Jouve explique : « les banques françaises les utilisent beaucoup, par exemple pour spécifier qu'un virement est prioritaire, alors que dans d'autre pays européens, pas du tout. Cela nous oblige donc à adopter différents modes de fonctionnement en fonction des pays avec lesquelles nous traitons. »

Il est d'ailleurs, en partie, rejoint sur ce point par Christophe Douteaux, directeur financier d'Ipsen, un groupe pharmaceutique employant plus de 1400 personnes à travers le monde. Celui-ci ajoute que les formats utilisés par les banques ne sont pas toujours les mêmes. « Nous traitons avec quatre établissement bancaires et ces derniers utilisent quatre formats différents pour les virements SEPA », explique-t-il. Il note toutefois que le système de paiement unifié peut offrir d'autres opportunités, ce que confirme José Vicente, responsable de la migration SEPA pour la banque portugaise Millenium BCP.

Voir le SEPA comme un début


« Adopter le SEPA uniquement pour être en accord avec la législation n'est pas la bonne solution pour les entreprises, elles doivent voir plus loin », explique José Vicente. Avec ce genre de politique, les sociétés ne tireront aucun profit de cette nouvelle norme. Selon lui, le SEPA n'en est qu'à ses balbutiements, son développement va offrir de nouvelles possibilités pour le business et permettre de réduire les coûts. « Avec le SEPA, les sociétés n'auront plus besoin d'avoir des banques dans chaque pays pour faciliter leurs transactions. Elle pourront tout centraliser dans un seul établissement, ce qui représente une énorme économie », donne-t-il comme exemple.

Cette vision reste cependant limitée pour des sociétés au rayonnement purement national. Pour elle, le SEPA présente moins d'opportunité. « Le gain qu'il offre est surtout réel pour les clients finaux qui gagnent en sécurité et en liberté », précise Christophe Douteaux. Aujourd'hui, 78% des transactions effectuées en Europe le sont avec le SEPA selon une étude publiée par l'éditeur Sage. Ce chiffre en apparence plutôt bon n'est toutefois pas révélateurs de l'avancement de la migration vers le SEPA puisque se sont au final les quelques grandes entreprises, déjà en conformité, qui représentent la majeure partie du volume des transactions.

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Commentaires

Coiffard Philippe Compte tenu que la Directive des services de paiements, et, le programme S€PA visent à harmoniser, mutualiser les fonctionnalités d'une industrie paneuropéenne des paiements, il est normal que ce ne soit pas eux qui aillent vers les banques, mais bien les banques qui se mettent en conformité avec eux... En gros, cela s'appelle une conduite du changement qui n'a rien à faire des particularités de telles ou telles communautés bancaires, figer dans ses archaïsmes domestiques. Si de telles banques enfermer dans ses conservatismes ne peuvent évoluer, qu'elles abandonnent la gestion de leurs paiements aux prestataires de services de paiements... eux se feront une joie et un devoir d'industrialiser en modernisant les systèmes de paiements. Il faut remarquer que nombre d'éditeurs se sont fait une gorge chaude dans cette pratique affirmant péremptoirement que d'une banque à une autre, et, d'un pays à un autre, les pain et les pacs n'étaient pas les mêmes. C'est naturellement faux : les Rulebooks et les Guidelines sont les mêmes pour tous les acteurs des paiements, grands ou petits, du monde bancaire ou des autres sphères économiques, dans les 33 pays couverts par la DSP.

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