Xerox menace HP d'une OPA hostile

John Visentin, le CEO de Xerox, a adressé le 21 novembre un courrier aux administrateurs de HP réfutant les raisons qu'ils ont invoqués pour refuser l'OPA amicale que leur proposait la société qu'il dirige. Crédit photo : D.R.

John Visentin, le CEO de Xerox, a adressé le 21 novembre un courrier aux administrateurs de HP réfutant les raisons qu'ils ont invoqués pour refuser l'OPA amicale que leur proposait la société qu'il dirige. Crédit photo : D.R.

Dans une lettre au ton particulièrement acerbe envoyée ce dimanche au CEO de Xerox, le président et CEO d'HP Enrique Lores laisse très peu de place à un avenir commun entre les deux groupes malgré une offre de rachat à 33 milliards de dollars. Reste à savoir si Xerox mettra à exécution son ultimatum visant à court-circuiter l'avis du conseil d'administration d'HP pour s'adresser directement à ses actionnaires.

Nouveau rebondissement dans le feuilleton du potentiel rachat de HP par Xerox. Ce dimanche, le président et CEO d'HP Enrique Lores, a sèchement répondu au courrier envoyé le 21 novembre aux administrateurs de HP. « Il ressort clairement de vos paroles et de vos actions agressives que Xerox est déterminé à forcer un potentiel rapprochement sur une base opportuniste et sans fournir les informations adéquates [...] il y a des problèmes significatifs à la fois sur la santé à court terme et la viabilité à long terme de votre activité qui ont des conséquences importantes sur la valeur de Xerox ».

Suite au rejet de son offre d'acquisition amicale par le conseil d'administration de HP le 17 novembre, Xerox avait menacé d'une OPA hostile le fabricant PC et d'imprimantes plus de trois fois plus gand que lui. Dans un courrier envoyé le 21 novembre aux administrateurs de HP, John Visentin, le CEO de Xerox, n'y était pas allé par quatre chemins : « A moins que nous ne nous accordions sur une ouverture mutuelle de nos livres de comptes avant le 25 novembre à 17h00 pour appuyer un rapprochement amical, nous présenterons directement nos arguments à vos actionnaires. » Pour l'heure, Xerox n'a pas encore répondu à la charge défensive d'Enrique Lores. Dans sa lettre, ce dernier ne semble cependant pas fermer totalement la porte à l'offre de Xerox : « Nous restons prêts à étudier la valeur potentielle d'un rapprochement et à travailler rapidement pour en savoir plus sur l'évolution de votre activité ».

Carl Icahn a l'origine du durcissement de ton de Xerox ? Le conseil d'administration de HP avait motivé sa décision en stipulant notamment que l'offre de 22$ par action proposée par Xerox, valorisant l'entreprise plus de 33 milliards de dollars, était insuffisante. S'ajoutait à cet argument, le fait que les deux sociétés fusionnées seraient assises sur une dette énorme. Sans compter que la baisse d'un milliard de dollars sur 12 mois des revenus de Xerox depuis juin 2018 interroge sur l'avenir du candidat acquéreur. Reconnaissant l'intérêt d'une fusion, les administrateurs laissaient toutefois entrevoir la possibilité d'un rapprochement, mais sous la forme d'un rachat de Xerox par HP. A ce titre, ils demandaient un accès aux livres de comptes du constructeur de copieurs. Une requête à laquelle ce dernier a donné son accord.

« Tout processus de rapprochement amical implique une ouverture réciproque des livres de comptes », rétorque aujourd'hui le CEO de Xerox dans son courrier. Ce dernier rejette aussi l'argument de la sous-évaluation de l'offre de Xerox sur HP : « nous sommes étonnés par ce raisonnement [Ndlr : la sous-évaluation de la valeur de HP], étant donné que votre propre conseil financier Goldman Sachs &Co a fixé le prix cible de vente de l'action HP à 14$ après l'annonce de votre plan de restructuration. »

Certains voient la main de l'investisseur activiste Carl Icahn dans la détermination de Xerox. Actionnaire de l'entreprise à hauteur de 10,6%, l'homme a récemment pris 4,2% du capital de HP. il estime que la fusion des deux groupes est dans l'intérêt de leurs actionnaires puisque qu'elle engendrerait une baisse des coûts et la création d'un portefeuille plus équilibré dans le domaine des produits d'impression. Il a néanmoins aussi déclaré au Wall Street Journal que le mode de rapprochement des deux sociétés était secondaire à ses yeux pourvu qu'il se réalise.

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