Google débourse 1,1 Md$ pour racheter les mobiles de HTC

Le Pixel, conçu par Google avec les équipes de HTC, est le 1er smartphone à intégrer Assistant. (crédit : D.R.)

Le Pixel, conçu par Google avec les équipes de HTC, est le 1er smartphone à intégrer Assistant. (crédit : D.R.)

Après le rachat et la revente de Motorola Mobility entre 2011 et 2014, Google tente une nouvelle acquisition sur le marché des smartphones. Cette fois, la firme de Mountain View acquiert l'entité mobile du fabricant taïwanais HTC (en difficulté) pour 1,1 Md$. Elle s'attache ainsi une équipe de 2 000 ingénieurs et designers avec lesquels elle collaborait déjà.

Google ne semble pas avoir été échaudé par le rachat de Motorola Mobility en 2011, qui s'est soldé 2 ans et demi plus tard par sa revente à Lenovo. Sur ce marché des smartphones, la firme de Mountain View acquiert cette fois la division mobile du fabricant taïwanais HTC pour 1,1 Md$ en numéraire. Pour mémoire, Google avait déboursé 12,5 Md$ pour Motorola Mobility et l'avait revendu 2,9 Md$, mais en gardant au passage le portefeuille de brevets. L'accord avec HTC prévoit aussi pour Google une licence non exclusive sur la propriété intellectuelle du fabricant taïwanais. Cette acquisition se produit alors que HTC rencontre des difficultés financières. Ce dernier a subi des pertes sur 9 trimestres de suite, ainsi qu'une baisse de son chiffre d'affaires depuis 2013. Le rachat auquel il concède va entraîner le passage d'environ 2 000 de ses ingénieurs et designers chez Google, mais l'industriel taïwanais garde ses usines, avec les coûts inhérents. Outre-Atlantique, certains observateurs, comme le chroniqueur de Bloomberg Tim Culpan, se montrent sceptiques sur l'intérêt de cette vente pour HTC qui se sépare de ce fait d'une équipe d'excellence mais continue à devoir assumer les coûts de ses usines.

Dans un billet, Rick Osterloh, vice-président senior responsable chez Google de l'entité matérielle, rappelle pour sa part que HTC est un partenaire de longue date. « Nous avons réalisé ensemble quelques premières dans l'industrie, comme le 1er smartphone Android en septembre 2008, sorti sous le nom de HTC Dream, également connu comme le T-Mobile G1, de même qu'en 2010 le Nexus One, puis la tablette Nexus 9 en 2014 et le smartphone Pixel l'an dernier », égraine le responsable hardware. Lui-même est un ancien de Motorola, passé par Google entre 2012 et 2014 puis revenu en avril 2016 pour y organiser la division consacrée aux matériels. « L'an dernier, nous avons lancé notre première famille de produits Made by Google, incluant le Pixel, Google Home, Google Wifi, Daydream View et Chromecast Ultra et nous nous apprêtons à dévoiler notre seconde génération de produits le 4 octobre », poursuit Rick Osterloh. Il se dit encore plus inspiré par ce qui doit arriver les 5, 10 et même 20 prochaines années.

HTC prépare un autre smartphone et se concentre sur la RA, l'IA et l'IoT

L'équipe de HTC qui rejoint celle de Google travaille donc déjà de façon rapprochée avec elle sur le Pixel. « Et nous sommes enthousiasmés de voir ce que nous pouvons faire en étant réunis. (...) Ce n'est que le début de l'activité hardware de Google », conclut Rick Osterloh, en évoquant les développements sur les capacités de base, le logiciel (tel Google Assistant) et le matériel.

De son côté, HTC va donc lui aussi poursuivre son activité smartphone en se concentrant sur un portefeuille plus réduit et en privilégiant l'efficacité opérationnelle et la flexibilité financière, explique le fabricant dans un communiqué. Il conservera dans ses rangs des ingénieurs travaillant actuellement sur son prochain modèle de téléphone qui fera suite au HTC U11 lancé cette année. L'industriel étendra par ailleurs son activité de réalité virtuelle et l'écosystème associé et investira dans les technologies de prochaine génération, notamment dans l'Internet des objets, la réalité augmentée et l'intelligence artificielle. Cet été, HTC a passé de 950 à 700 euros le prix de son casque de réalité virtuelle Vive.

La transaction entre Google et HTC est soumise aux approbations réglementaires habituelles. Si tout se passe comme prévu, elle devrait être finalisée au début de l'année prochaine.

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