« Le marketing à outrance de Sage cache une grande misère administrative et technique »

La mise en place d'un nouveau système de gestion des licences et de gestion des factures sème le trouble chez les partenaires de Sage PE. S'ajoute à ce premier motif de colère une diminution des marges des revendeurs sur les frais de mise à jour facturé aux clients que l'éditeur a décidée de façon unilatérale.

Mettre en place une nouvelle solution de gestion dans une entreprise n'est pas une mince affaire. Sonder les entreprises qui se sont dotées d'un PGI permet de constater à quel point cela a pu impacter, pendant un temps, leur bon fonctionnement. Depuis le déploiement d'Octave sur son système informatique en juillet dernier, Sage PE (petites entreprises) le constate à ses dépends... et à ceux de ses partenaires. Ce logiciel qui gère les licences, les commandes, les codes de débridage ou encore la facturation est un cauchemar pour ses revendeurs. « Suite à l'activation de cet outil, nous avons, par exemple, constaté que la totalité des clients et des contrats n'avaient pas été repris dans le nouveau système. Il y avait aussi de nombreuses erreurs de facturations », explique un partenaire certifié de Sage. Ce dernier reconnaît toutefois que l'éditeur a procédé depuis à des rectifications. Toutefois, des problèmes demeurent et non des moindres. « Sage PE continue de nous facturer sans libeller les produits. Nous recevons ainsi des documents qui ne comprennent ni le nom du logiciel ni le nombre de postes concernés. Au final, nous devons nous même retrouver les informations manquantes. C'est un travail de fou», peste un autre revendeur.

Exaspérés, certains partenaires de l'éditeur avaient décidé de bloquer le paiement de leurs factures pour cause de non-conformité. En réaction, Sage PE aurait alors bloqué leur compte. Une pression à laquelle il n'y a guère d'autre solution que de céder : « Trois mois après, j'ai dû payer pour être livré et pouvoir servir mes clients, témoigne un ex-récalcitrant. Nous essayons de discuter avec Sage PE car c'est une gêne au quotidien. Nous finissons par nous demander si nous sommes bien facturés. Sans compter que si demain nous faisons l'objet d'un contrôle fiscal, nous risquons des ennuis car les factures ne sont pas conformes.»

Trois correctifs en un mois pour une nouvelle version

« Sage fait du marketing à outrance mais cela cache une grande misère administrative et technique », estime un autre revendeur contacté par Distributique. Celui-ci fait non seulement référence à l'arrivée d'Octave, avant laquelle il estime que tout fonctionnait bien côté facturation, mais aussi à la sortie de la version 12 d'Apibâtiment Batigest (devis et factures pour les entrepreneurs du bâtiment). Habituellement explique-t-il, les revendeurs agréés de Sage PE attendent trois à quatre mois après la sortie d'une nouvelle mouture pour l'installer chez un client. « Cette fois-ci, cela n'a pas été possible car la version 12 lancée en novembre 2013 prenait en charge le nouveau taux de TVA qui est entré en vigueur au premier janvier suivant», poursuit-il. Las, entre les 27 novembre et 23 décembre derniers, Sage PE aurait livré pas moins de trois correctifs pour cette nouvelle version d'Apibâtiment Batigest. Or, l'installation, d'un de ces correctifs aurait entraîné des pertes d'informations. « Toutes les conversion faites entre le 27 novembre et le 23 décembre ont été perdues. Les clients ont dû refaire tout le travail qu'ils avaient déjà effectué », relate un partenaire de Sage PE. Depuis le 23 décembre, ce problème a été finalement réglé. Mais la comptabilité d'Apibâtiment Batigest ne permettrait toujours pas aux utilisateurs de déclarer leur CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi). « Lors du salon Batimat en novembre dernier, Sage nous disait qu'il allait sortir la meilleure version de Batigest jamais proposée », ironise un partenaire de l'éditeur.

Pour achever de mécontenter son réseau de distribution agrée, Sage PE a en outre modifié son taux de remise sur les frais de réactivation facturés aux clients. Pour mémoire, ces frais instaurés en avril 2013 consistent à majorer le coût de réactivation d'un contrat d'évolution annuelle (CEA) qui aurait été résilié par un client une ou plusieurs années auparavant. « Sur ces frais, notre remise revendeur, soit de 40 à 50%, avait fini par être appliquée. Mais depuis le premier janvier, elle a été ramenée à 30% de façon unilatérale, sans que nous ne recevions aucun courrier pour nous en avertir », explique un partenaire. Outre le fait qu'elle prive les partenaires de revenus, cette décision de l'éditeur pose un autre problème : « Tous les devis que nous avons faits deviennent caducs. Qu'allons-nous dire aux clients maintenant ? », s'interroge un membre du réseau de distribution de l'éditeur. Malgré nos demandes de clarification, Sage PE n'a pas souhaité répondre aux questions de Distributique.

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