Les éditeurs français de logiciels font preuve de résilience

Le collège éditeurs de logiciels de Numeum présidé par Stanislas de Rémur d'Oodrive a lancé la présentation du Top 250 avec Gilles Mezrai, vice-président du collège. (Crédit Photo : Numeum)

Le collège éditeurs de logiciels de Numeum présidé par Stanislas de Rémur d'Oodrive a lancé la présentation du Top 250 avec Gilles Mezrai, vice-président du collège. (Crédit Photo : Numeum)

Le collège des éditeurs de logiciel de Numeum a présenté son panorama 2023 du marché avec plusieurs enseignements. La croissance des revenus reste forte et la part du SaaS dépasse celle des offres sur site. Les financements subissent un fort ralentissement et les recrutements sont en retrait. Une année de transition donc face aux incertitudes économiques.

Pour résumer le panorama 2023 des éditeurs de logiciel français, Numeum évoque trois termes : « Rupture dans l'investissement, résilience et innovation ». Le premier est le point noir de l'étude menée par le collège éditeur du syndicat professionnel et EY : « Il s'agit d'une cassure nette dans les levées de fonds et la valorisation des entreprises ». Sur l'année 2023, le compteur (arrêté au 30 septembre) affichait un montant de 600 M€ pour les opérations à plus de 20 M€, tandis que sur 2022, il s'établissait à 4,1 Md€.

Le coup de frein est plus visible sur les tours de table à plus de 100 M€, « il y a eu une vingtaine d'opérations en 2021/2022, à date il y en a eu que deux », souligne Numeum. Pour expliquer cette tendance, le syndicat met en avant bien évidemment les incertitudes économiques, mais constate la résilience des tours de table à plus de 20 M€. Face aux vents contraires, les éditeurs restent optimistes en misant sur leur capacité d'autofinancement et leur taux de rentabilité, même si des interrogations commencent à poindre « sur la durée de la crise ».

Des revenus en croissance et le SaaS bien établi

Optimisme de rigueur appuyé par des revenus 2022 en forte croissance de +10,5 % pour atteindre 21 Md€ contre 19 Md€ en 2021. « La croissance a été portée par l'ensemble des éditeurs », rapporte Numeum en soulignant que « les éditeurs générant entre 10 et 100 M€ ont vu leur chiffre d'affaires progresser de 15 % ». Dassault Systems reste toujours leader du Top 250 et la méforme d'Ubisoft n'a pas impacté la bonne dynamique des autres éditeurs. L'étude note aussi la performance des éditeurs horizontaux (+19 %)  en raison de plusieurs opérations de croissance externe (Cegid, Chapsvision, Septeo,...).

Autre enseignement du panorama, la percée du modèle SaaS chez les éditeurs se confirme. Pour la première fois, la part du SaaS (56 %) dans le chiffre d'affaires passe devant les offres sur site. Ils sont 86 % à utiliser l'abonnement comme mode de contractualisation. Plus de la moitiés des entreprises (54 %) considèrent que le cloud et le SaaS sont des investissements prioritaires. L'innovation est clairement un levier de croissance pour les éditeurs qui regardent attentivement les évolutions de l'IA qui se classe en 3e position des priorités technologiques des éditeurs.

Des recrutements en retrait et une démarche RSE en devenir

Le secteur continue de recruter même si la tendance est à la baisse. En 2022, les éditeurs ont créé 6 400 emplois contre 8 340 en 2021. Une frilosité qui se ressent dans les intentions d'embauches en 2023, ils sont 76 % à le prévoir contre 88 % l'année précédente. Une démarche attentiste face aux incertitudes économiques. Nonobstant, les éditeurs de logiciels sont confrontés, comme le secteur de l'IT, à des difficultés pour recruter et garder les talents. Sur la rétention, les entreprises misent prioritairement sur les salaires et les primes, mais regardent aussi la dernière annonce de Jean-Noël Barrot, ministre délégué à la Transition numérique, sur les BSPCE (bon de souscription de part de créateur d'entreprise) avec la mise en place d'une décote d'illiquidité.

Enfin, la question du numérique durable autour des politiques RSE demeure toujours importante chez les éditeurs de logiciel. Les trois-quarts du panel de Numeum ont initié une démarche RSE structurée et 44 % d'entre eux ont élaboré un bilan carbone. Cependant, la labellisation reste encore marginale même si elle progresse fortement sur un an.



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