Red Hat peut-il faire avec OpenStack ce qu'il a réussi avec Linux ?

Paul Cormier, vice-président exécutif chez Red Hat, veut amener OpenStack vers les masses... Crédit IDG

Paul Cormier, vice-président exécutif chez Red Hat, veut amener OpenStack vers les masses... Crédit IDG

Selon les dirigeants de Red Hat, la plate-forme cloud Open Source OpenStack est comme Linux. Il faut simplement renforcer et repackager le code sous une forme commerciale pour que les entreprises se mettent vraiment à l'utiliser. Mais, ce n'est pas parce que Red Hat a gagné de l'agent avec Linux que ses chances de succès sont garanties avec OpenStack.

Lors du Red Hat Summit annuel qui s'est tenu du 11 au 14 juin à Boston, Paul Cormier, le vice-président exécutif des produits et de la technologie chez Red Hat a fait, selon l'entreprise, l'une des plus importantes annonces des neuf éditions de ce sommet : l'intégration d'OpenStack dans son système d'exploitation Red Hat Enterprise Linux (RHEL). Ce faisant, l'éditeur basé en Caroline du Nord espère bien propulser la plateforme vers une décennie de croissance.

Deux packages avec OpenStack


Red Hat propose OpenStack en deux versions. La première, livrée par le biais de Red Hat Enterprise Linux (RHEL) OpenStack Platform, est destinée aux fournisseurs de services et aux grandes entreprises. Elle permet aux entreprises d'ajouter leur propre couche de services. La seconde, Red Hat Cloud Infrastructure (CI), est un package complet qui permet de déployer un cloud privé en Infrastructure-as-a-Service (IaaS) sous OpenStack. Elle inclut la technologie de virtualisation de Red Hat basée sur la machine virtuelle Kernel Virtual Machine (KVM) et des fonctions de gestion prête à l'emploi comme des portails en libre-service, la rétrofacturation, plus des outils de contrôle. Elle permet également des connexions avec les clouds publics d'Amazon Web Services, et d'autres passerelles sont à venir. Red Hat n'a pas encore dévoilé le prix de ces deux produits, mais l'éditeur prévoit d'en démarrer la commercialisation en juillet.

Red Hat, qui a rejoint la communauté Open Source OpenStack en avril 2012, en est rapidement devenu un acteur majeur. Aujourd'hui, selon Bitergia, les développeurs de Red Hat sont les plus gros contributeurs de code de la plateforme. OpenStack est soutenue par toute l'entreprise, des développeurs jusqu'aux plus hauts dirigeants qui sont venus défendre la plateforme à Boston. L'analyste Krishnan Subramanian, qui suit Openstack pour Rishidot Research, pense que Red Hat a de bonnes chances de devenir l'un des plus importants distributeurs de la plateforme compte tenu de ce qu'il a réussi à faire avec Linux. Parce qu'elle est proposée comme une surcouche de Red Hat Enterprise Linux, toute entreprise utilisant RHEL a la possibilité d'essayer facilement la « distro » Openstack de Red Hat.

HP pousse son Cloud OS sur base OpenStack


Mais l'éditeur n'est pas le seul à proposer la distribution cloud Open Source. De nombreux fournisseurs ont déjà leurs propres produits OpenStack. Par exemple, des distributeurs de Linux comme SUSE et Ubuntu ont leurs « distros » OpenStack. Dell et HP ont aussi leurs propres solutions de cloud privé sous OpenStack. Des entreprises comme Piston Cloud Computing, CloudScaling, MetaCloud et Nebula ont des distributions OpenStack pure-play. Rackspace dispose d'une offre intégrée de cloud public et privé sous OpenStack. Mais selon Krishnan Subramanian, ce marché encombré pourrait être profitable à Red Hat. En effet, avec son système d'exploitation RHEL, l'éditeur a déjà un pied bien installé dans les entreprises et ses clients vont désormais pouvoir utiliser le cloud open source de Red Hat. L'achat de services intégrés auprès d'un seul vendeur présente certains avantages et pourrait faciliter l'adoption d'OpenStack dans l'entreprise. « En tant que premier contributeur de code, Red Hat pourrait avoir aussi un avantage sur ses concurrents en matière de support OpenStack », estime l'analyste de Rishidot Research.

Mais l'approche de Red Hat ne convainc pas tout le monde. « Délivrer et déployer un cloud OpenStack est un défi en terme d'intégration qui va bien au-delà du périmètre du système d'exploitation », explique l'analyste de Forrester James Staten. « Le déploiement de clouds privés ne se limite pas au saupoudrage d'un peu de code au-dessus de RHEL. Cela pose des problèmes par rapport au stockage, au réseau et surtout, pour gérer un cloud privé, il faut faire évoluer la mentalité de l'entreprise ». Pour ce qui est de l'implémentation technique, Red Hat a déjà sa réponse : cette semaine, l'éditeur a annoncé un partenariat avec Mirantis, l'un des principaux cabinets-conseils OpenStack, qui dispose d'une série d'outils OpenStack regroupés dans un package nommé « Fuel for deploying OpenStack clouds ».

D'autres plate-formes cloud concurrentes


Mais la vraie question est peut-être de savoir quelle sera la taille du marché du cloud privé et la place qu'occuperont les clouds sous OpenStack. Les entreprises confient de plus en plus leur informatique à des fournisseurs de services et utilisent de plus en plus le cloud public, comme en témoigne la très forte croissance d'AWS. Mais, en même temps, elles veulent conserver le contrôle sur leurs opérations, ouvrant des opportunités pour les clouds privés. James Staten de Forrester Research rappelle que VMware, Citrix et d'autres ont eu du mal à prendre pied dans le déploiement de clouds privés. De leur côté, les dirigeants de Red Hat sont confiants. « Nous l'avons déjà fait, c'est exactement la stratégie que nous avons adoptée pour Linux », explique Paul Cormier.

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