Zendesk supprime 300 emplois pour réduire ses coûts

« [...] nous avons recruté beaucoup plus rapidement que nécessaire, en nous basant sur une croissance des revenus qui ne correspond pas à la réalité », a déclaré la direction de Zendesk par voie de communiqué de presse. Crédit photo : D.R.

« [...] nous avons recruté beaucoup plus rapidement que nécessaire, en nous basant sur une croissance des revenus qui ne correspond pas à la réalité », a déclaré la direction de Zendesk par voie de communiqué de presse. Crédit photo : D.R.

Les licenciements devraient coûter 28 M$ environ à l'éditeur de CRM Zendesk, notamment en indemnités de départ et en avantages sociaux qu'il devra verser à ses employés.

Zendesk va licencier 300 personnes sur les 5 450 qu'il emploie dans le monde, soit près de 5 % de ses effectifs. Cette décision intervient quelques mois après le rachat de l'éditeur de logiciels de gestion de service client et de CRM par un consortium de capital-investisseurs pour 10,2 Md$. « Ce plan de licenciement résulte de notre décision de réduire les dépenses d'exploitation et de recentrer Zendesk sur des priorités de croissance clés », a écrit l'entreprise dans un document transmis à la SEC, le gendarme de la bourse américaine. Par voie de communiqué de presse, l'équipe de direction assume la responsabilité de ces suppressions d'emplois et indique avoir revu ses choix d'investissement pour faire passer la croissance de l'entreprise avant « l'embauche ». « ...nous avons recruté beaucoup plus rapidement que nécessaire, en nous basant sur une croissance des revenus qui ne correspond pas à la réalité. Nous en prenons la responsabilité », a déclaré l'équipe de direction. Dans son communiqué, la direction de Zendesk dit que, pour améliorer son résultat net, elle a envisagé plusieurs mesures, dont la suppression de plus de 100 postes, mais que ces solutions n'étaient pas satisfaisantes. « Les emplois ciblés par les licenciements ont été déterminés en fonction de cinq priorités stratégiques, à savoir l'optimisation de nos processus et systèmes, la chasse aux tâches dédoublées, l'augmentation de nos champs de contrôle et le rééquilibrage de nos postes vers le Go to Market afin de tirer parti de nos opportunités d'entreprise tout en continuant à construire et à livrer des produits convaincants pour nos clients », a encore déclaré le fournisseur.

Un coût de 28 M$

Selon le document transmis à la SEC, les licenciements devraient coûter à Zendesk environ 28 M$, principalement en raison des dépenses liées aux indemnités de départ et aux avantages sociaux des employés. Sur le coût total estimé, le fournisseur prévoit d'engager 8 M$ au quatrième trimestre 2022. À propos de la procédure de licenciement, l'entreprise a déclaré qu'elle paierait aux employés trois mois de salaire plus une semaine de salaire pour chaque année de travail complète. D'autres avantages sont prévus : les personnes licenciées recevront notamment une part proportionnelle de la prime annuelle payable à l'objectif, une prime en actions sur la période, une couverture maladie et une aide à la recherche d'emploi.

Les licenciements se poursuivent dans la tech

Zendesk est loin d'être le seul acteur de l'IT à procéder actuellement à des licenciements. Mercredi dernier, Meta, la société mère de Facebook, d'Instagram et de WhatsApp, a annoncé la suppression de milliers d'emplois, à hauteur de 13 % de sa masse salariale mondiale. La semaine dernière également, Salesforce, autre éditeur de CRM, a aussi annoncé des licenciements massifs : l'entreprise devrait supprimer des centaines d'emplois dans son effectif de 73 000 personnes. Le mois dernier, Microsoft annonçait de son côté le licenciement de 1 000 personnes environ. Enfin, le fournisseur de services cloud Oracle poursuit sa politique de licenciement engagée ces derniers mois partout dans le monde.

De nouveaux licenciements en vue dans l'industrie

L'annonce de ces milliers de suppressions d'emplois ces deux dernières semaines ne résoudra probablement pas tous les problèmes du secteur technologique. En effet, selon les analystes, le pire est à venir. « Il y a fort à parier que les entreprises technologiques qui n'ont pas encore procédé à des licenciements s'interrogent activement sur la possibilité de le faire ou pas. D'autres annonces de licenciements dans les prochains mois ne seraient pas surprenantes, en particulier parmi les entreprises dont l'année fiscale se termine le 31 décembre », a déclaré JP Gownder, analyste principal chez Forrester, dans un communiqué. Selon M. Gownder, les suppressions d'emplois résultent du fait que ces entreprises veulent tout faire pour réussir l'année 2023. « Les inquiétudes économiques généralisées - provoquées par la hausse des taux d'intérêt, la guerre en Ukraine, les coûts élevés du carburant et les problèmes de chaîne d'approvisionnement - incitent les entreprises à prévoir une baisse de la demande. »

Selon l'analyste, les licenciements mettent également en évidence les problèmes de compétences rencontrés par de nombreux employés. « Les candidats à des postes nécessitant moins de compétences IT vont connaître des difficultés à être embauchés comparé à ceux qui sont considérés comme des talents dans l'industrie des technologies »,  a déclaré M. Gownder. « Parmi les personnes licenciées, beaucoup possèdent des compétences qui peuvent être précieuses dans d'autres secteurs. Presque toutes les entreprises, quel que soit leur domaine d'activité, sont désormais des « entreprises technologiques » et elles ont besoin de développeurs, d'ingénieurs et d'informaticiens. C'est pourquoi, les meilleurs talents de la technologie qui perdent leur emploi trouveront très probablement d'autres postes ».

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